Policultures

25 septembre 2018

PICASSO BLEU ET ROSE, JEUNESSE D'UN GENIE


Picasso singePicasso bleu, Picasso rose : l’exposition qui vient de s’ouvrir au musée d’Orsay est appelée à un grand succès. C’est qu’il s’agit de Picasso, qui ne cesse de fasciner et d’attirer les foules, et du Picasso le plus ancien, le plus accessible pense-t-on, celui dont certains peuvent avouer la nostalgie : et si c’était la meilleure période du maître ? Voilà qu’on peut juger sur pièces, et c’est la dernière raison du succès attendu, avec des œuvres majeures de cette période, de celles qui illustrent les ouvrages consacrés à l’histoire de la peinture, comme « La vie », « l’acrobate à la boule » ou « famille de saltimbanques avec un singe », ou « Jeune graçon conduisant un cheval ».
Ce rassemblement est exceptionnel, les œuvres venant du monde entier, notamment des Etats-Unis. Pourquoi les Etats-Unis ? A vingt ans à peine, Picasso, peintre espagnol qui vient tâter de l’atmosphère parisienne, est présenté au marchand le plus en vue de l’époque, Ambroise Vollard. Soutenu par le critique Gustave Coquiot, épaté par le talent du jeune homme, Ambroise Vollard lui consacre une exposition, saluée par une critique avisée , mais qui n’eut pourtant, rapporte le marchand lui-même, aucun succès.  C’est dans une autre galerie, chez Sagot, que les Stein achètent les Picasso bleus et roses. Mais la France ignore ce jeune artiste. Et notamment, donc, par Gustave Coquiot, qui prédisait que « demain on fera fête aux œuvres de Pablo Picasso ». Justement, il y a dans l’exposition un portrait de Gustave Coquiot par Picasso, et il se trouve que ce portrait est le premier Picasso entré dans les collections nationales. C’était en 1933 seulement, et parce que ce fut un don de la veuve du critique, et non pas, comme l’indique faussement le cartel de l’exposition, par achat de l’Etat.
Ce Picasso des débuts, compris d’acheteurs américains, allemands ou russes, fait aujourd’hui l’unanimité. On y admire la maîtrise

remarquable du dessin, de la couleur et de la lumière dont fait preuve le jeune artiste, son audace, l’évidence de s

Picasso rose

on génie. L’exposition a le mérite de situer ce moment dans la continuité des premières œuvres du peintre, de son adolescence barcelonaise déjà époustouflante de talent à ses découvertes gourmandes de Paris. Paris où il se frotte  à l’œuvre de Toulouse-Lautrec, de Van Gogh et de Cézanne, où il est de ceux qui arpentent avec fascination et profit les galeries de la rue Laffitte, où il tire des uns et des autres de quoi devenir lui-même, apprenant vite, trouvant sa propre modernité dans ces exemples stimulants. La période bleue, la période rose suivent cette profitable digestion, après un passage par des moments aux couleurs presque fauves. Que l’arrivée du bleu soit due au suicide de son ami Casagemas et traduise la fin de l’insouciance heureuse, comme l’a dit Picasso lui-même, peut-être. Mais on ne peut que rappeler, alors, ce que Picasso avait dit un jour à Ambroise Vollard, qu’il peignait pour la joie de peindre. La période bleue de Picasso abonde en scènes paisibles, et où la principale leçon est d’ordre strictement pictural : comment faire, après l’explosion des couleurs, avec un langage plus limité ? Ce temps du reste se poursuivra avec le rose. Retour à une vie plus gaie, avec des amours heureuses ? ou bien exploration de nouveaux tons, selon le même principe d’une palette limitée ? Allez savoir… Alors que, déjà, les formes elles-mêmes y changent, s’y géométrisent, y perdent leurs courbes. Les visages semblables à des masques apparaissent, et nous voilà en 1906. Picasso est mûr pour la révolution qui viendra un an plus tard : les Demoiselles d’Avignon.
 
Paris musée d’Orsay jusqu’au 6 janvier 2019.

Avec l’exposition, nombreuses manifestations et animations, dont, les 29 et 30 novembre, un colloque intitulé : « Dans l’œil de Picasso. Retour aux sources des périodes bleue(s) et rose(s).

 

www.musee-orsay.fr

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15 septembre 2018

HENRI-EDMOND CROSS, LE TROISIEME HOMME

Né en 1856, Henri Delacroix voulait être peintre. Pour se faire un nom, il n’avait donc plus qu’à se trouver un pseudo. Sa mère étant anglaise, il anglicisa son nom en « cross », et le tour était joué. Cela ne suffit qu’à moitié. Henri Cross, qui finit par adopter le pseudonyme Henri-Edmond Cross,  accéda moins à la célébrité que les deux peintres qui portèrent avec lui le flambeau de ce qu’on a appelé « néo-impressionnisme », Seurat et Signac. Pourquoi ce retard sur ses deux amis ? Pas de morceaux de bravoure, comme La grande jatte de Seurat. Marina Ferretti, commissaire de l’exposition que le musée des impressionnismes de Giverny consacre à Cross, avance d’autres explications. Seurat, dit-elle, a été défendu avec obstination par un grand critique, Félix Fénéon ; Signac l’a été par sa famille. Cross, qui avait connu le succès avant 1914, a été oublié ensuite, et l’a été d’autant plus que son œuvre était dispersée et largement entre mains privées, notamment américaines. Au demeurant, cette œuvre n’était pas en nombre considérable. Son catalogue raisonné ne compte qu’à peine plus de trois-cents numéros.
L’exposition de Giverny en rassemble environ le tiers, ce qui est une belle prouesse. Elle permet de juger sur pièces une œuvre rarement réunie. La dernière exposition monographique qui lui a été consacrée l’a été dans sa ville natale, Douai, il y a vingt ans.
Pour l’exposition de Giverny, Marina Ferretti met en exergue une phrase extraite d’une lettre de
 

Cross

 

Cross à son ami Signac, qui donne à l’exposition son titre « Peindre le bonheur » : « Je voudrais peindre du bonheur, des êtres heureux comme pourront l’être dans quelques siècles ( ?) les hommes, la pure anarchie réalisée ».

Le bonheur à peindre, Cross l’a trouvé dans le Midi. Jeune, il accompagnait à Monaco ses parents, riches commerçants de Douai. Quand les rhumatismes dont il souffrait lui firent chercher un climat favorable, il s’installa dans le Var, et en peint les couleurs. On était en 1891, il avait déjà une petite œuvre derrière lui, et venait de découvrir le style qui allait le distinguer, celui que commençaient à illustrer Signac et le malheureux Seurat, qui venait de disparaître brutalement à l’âge de 31 ans. Une grande amitié s’esquissait avec Signac, qui allait être son quasi-voisin en installant ses étés à Saint-Tropez. 
Ce que Cross peut peindre du bonheur dans ce pays lumineux et coloré , ce sont d’abord les couleurs. Les couleurs, il a sa manière à lui de les traiter, dans la veine néo-impressionniste qui le lie à Seurat, Signac et quelques autres. Avant, il avait cherché le bonheur ailleurs, notamment dans les scènes idylliques de Puvis de Chavannnes dont il gardera quelque chose dans l’esprit, à défaut d’en garder la manière.  Ce qu’on a appelé divisionnisme lui convient parfaitement, dès le début, puisque quelques-unes de ses peintures les plus remarquables, comme une « Plage de la vignasse », datent de ces premières années de sa nouvelle manière. Il est vrai qu’il continuait à 

appliquer les principes qui étaient déjà les siens, avec une grande attention à la structure du tableau,  et un long travail sur chacun d’entre eux. Il sera fidèle jusqu’au bout à sa manière, qui lui donne une signature originale : proche de Signac, il a sa touche propre.  Il sait aussi passer du plus grand classicisme dans la composition à l’audace. Et il excelle, par ailleurs, à l’aquarelle.

Henri-Edmond Cross se situe dans un moment de l’histoire de la peinture où il sait trouver sa place. Alors qu’il est déjà trop tard pour être impressionniste, il tire cependant les leçons de l’impressionnisme, et rejoint un courant original qu’il ajustera à sa propre recherche, partant du pointillisme pour privilégier de plus en plus une touche large et des couleurs vives. Il est aussi l’homme de la transition vers les lumières du Midi, où le suivront Signac, Matisse, Manguin, Derain et quelques autres. Et il reste dans sa peinture l’influence d’un homme dont on redécouvre aujourd’hui qu’il eut un rôle-clé, Pierre Puvis de Chavannes. Et tout cela, il le fait avec talent. Ce chantre du bonheur ne l’a hélas pas toujours connu lui-même : préoccupé dés sa jeunesse par des rhumatismes, il est mort à 53 ans à peine d’un cancer qui l’a fait beaucoup souffrir. 
Henri-Edmond Cross, peindre le bonheur
Jusqu’au 4 novembre
Musée des impressionnismes Giverny
www.mdig.fr
 
 L’exposition sera présentée au Museum Barberini de Potsdam (Allemagne) du 17 novembre 2018 au 17 février 2019

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28 août 2018

L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD

Quand, en 1961, L’année dernière à Marienbad sort sur les écrans, il résonne comme un coup de tonnerre. Ce fruit de la collaboration entre un jeune cinéaste, Alain Resnais, et l’un des chefs de file du nouveau roman, Alain Robe-Grillet, ne ressemble à aucun film connu. Alain Resnais vient de collaborer avec une autre figure du nouveau roman, Marguerite Duras, pour un film déjà très singulier, Hiroshima mon amour. Mais, au-delà de la 

Mar affiche

construction déroutante du récit, caractéristique du nouveau roman, le sujet, les bombardements atomiques américains sur le Japon, reste encore vif dans les esprits, moins de quinze ans après les crimes. 

Alain Robe-Grillet, lui, s’est fait connaître au début des années cinquante par un livre manifeste, « Les gommes ». Depuis, il s’est installé dans le paysage littéraire avec Michel Butor, Robert Pinget et le futur Nobel Claude Simon, et a promu avec eux une radicalité dans le ton et dans la construction du roman. Le Robe-Grillet qu’on connaît avant Marienbad est réputé raconter des histoires comme on fait une analyse d’entomologiste, précise, froide, détachée, évitant toute approche sentimentale. Comme les autres, il a la réputation d’un écrivain plutôt difficile à lire et ennuyeux, ne plaisant qu’à de petites chapelles. 

Et voilà qu’avec Marienbad il semble à la fois confirmer et démentir sa réputation. Le film déroute, mais il fascine. Il déroute par sa construction, fascine par une musicalité jamais connue et des images, signées Sacha Vierny, d’une exceptionnelle qualité. 

Et voilà que cette musique, comme ces images, sont baroques, et que ce baroque enroule ses volutes, que l’histoire tourne sur elle-même, que le spectateur se laisse emporter par les mots, leur répétition et leurs enchaînements, qu’il n’est plus lui-même que sensations. Au point qu’on dira que Robe-Grillet a changé, et que lui-même proteste qu’il n’a jamais été que l’homme du sensible bien plus que du rationnel. On y verra une révision de son œuvre passée. Mais qu’on ne s’y trompe pas : le film répond à une mécanique d’une extrême précision que la raison maîtrise… 

Faut-il parler du sujet ? Un homme et une femme dans un palace d’une station d’Europe centrale. Il prétend qu’ils se sont connus un an plus tôt, elle assure que non. Qui a tort, qui a raison ? Le film ouvre les hypothèses, et on voit bien que les techniques du nouveau roman ont une remarquable capacité de laisser au lecteur ou au spectateur le champ largement ouvert.

L’année dernière à Marienbad ressort, en version restaurée, le 19 septembre. Depuis les années soixante, l’aura du nouveau roman s’est ternie. Tous ses héros sont morts et semblent sans vraie descendance. Le bon vieux récit linéaire, si simple, si facile à suivre, a gagné la partie. Les autres formes sont marginalisées. On attend avec intérêt la réaction du public de 2018 devant ce chef-d’œuvre unique qui, entre autres qualités, apportait aussi la révélation de la sublime Delphine Seyrig. Le film avait obtenu, en 1961, le Lion d’or à la Mostra de Venise.

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07 août 2018

FRAISE ET CHOCOLAT

 

Tomas Gutierrez Alea fut un des cinéastes chéris de la Révolution cubaine, qu’il accompagna et célébra. 

A soixante-qFraise 1uatre ans, malade, il donne son avant-dernier film, Fraise et chocolat, qui devient un succès international. Le film ressort en France le 8 août en version restaurée. Un quart de siècle plus tard, le regard qu’on peut porter sur lui est forcément différent de celui d’alors. Et pourtant, sa force et son charme continuent d’opérer, peut-être pas toujours pour les mêmes raisons qu’alors.

Quand il tourne Fraise et chocolat, Tomas Gutierrez Alea est déjà malade, et il se fait aider par  un autre réalisateur, Juan Carlos Tabio. Ce film est donc, à bien des égards, le testament d’un révolutionnaire qui a pris un certain recul critique par rapport à la révolution cubaine, dont il reste un enfant, et par rapport à son propre engagement.

Le film est un éloge de la marge et de la distance. Il met en scène deux protagonistes, un intellectuel homosexuel et un jeune communiste. Le premier prend l’ascendant sur le second et lui enseigne le doute. 

Tourné au début des années 90, le film est sensé se dérouler une bonne dizaine d’années plus tôt. Elémentaire prudence, puisqu’on peut supposer qu’entre-temps la société a progressé. C’est que ce que l’on voit, suspicions, dénonciations, liberté contrôlée, marché noir, n’est pas très reluisant.

Le film valorise ceux qui pensent autrement. Avoir fait du héros principal un homosexuel est, de la part du réalisateur, une belle habileté. C’est une marginalité tolérée, en tout cas moins impossible à montrer que celle d’un dissident politique pur. Un homosexuel, n’est-ce pas, s’est déjà mis de côté. Pas de quoi s’étonner qu’il ne pense pas orthodoxement, puisqu’il vit autrement ; sa marginalité ne peut pas être contagieuse.

Le film intéresse donc par la mesure de la marge de manœuvre critique que le régime castriste laisse à l’un des siens. Mais là n’est pas l’essentiel. Si le film n’était que cela, il ne serait bon que pour les historiens des dictatures. Le miracle, c’est que le film rend réellement humains des personnages qui couraient le risque de n’être que l’incarnation d’idées. Le miracle tient à ce que ces deux personnages sont les deux faces du réalisateur lui-même. Il met en eux sa vie, son évolution, la complexité qui l’a gagnée.

Le jeune David, on imagine qu’il ressemble un peu, avec son innocence et sa foi révolutionnaire, au Tomas Gutierrez qui, dans les débuts du régime castriste, tournait ses premiers films engagés au service de la révolution et créait le centre national du cinéma. Diego, c’est le même Tomas mûri, cultivé, ayant appris à douter de la propagande et à penser par soi-même.

Il y a bien sûr un peu de schématisme dans la démonstration. Mais cela tient, parce qu’on ne peut pas mettre en doute la sincérité testamentaire du réalisateur, parce que cet éloge de la tolérance, de l’ouverture d’esprit et de l’éducation fait du bien à voir et à entendre, parce que, enfin, les deux personnages sont bien campés par Jorge Perrugoria (Diego) et Vladimir Cruz (David) avec juste ce qu’il faut d’exagération dans le jeu…

 

En salle le 8 août

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05 août 2018

DUFY A PERPIGNAN

Dans les années quarante du siècle dernier, Raoul Dufy a séjourné à Perpignan. Il y est arrivé en 1940, fuyant Nice sous la menace de l’Italie qui vient de déclarer la guerre. Il s’installe à Céret mais, frappé par une grave polyarthrite, il est pris en charge par un médecin ami des arts, le Docteur Pierre Nicolau, chez qui il s’installe. Une amitié est née entre les deux hommes, et le peintre s’est plu dans l’atmosphère familiale des Nicolau. Il a fait le portrait de l’épouse, Yvonne, et des quatre enfants du médecin. Avec les Nicolau, il a découvert le Roussillon,

Dufy0

 spécialement ses stations thermales et climatiques, dont Vernet-les-Bains où la famille possédait une maison. Il a aussi croisé les artistes qui se trouvent dans le département, qu’ils aient fui la zone d’occupation ou qu’ils soient du cru, comme le plus célèbre d’entre eux, Aristide Maillol. Il y avait entre les deux artistes une admiration réciproque. C’est du reste en allant rendre visite à Dufy avec le Docteur Nicolau que Maillol eut, en septembre 1944, l’accident d’automobile qui lui fut fatal.

 

Cette histoire peut se raconter en peinture, et c’est ce que fait le Musée Rigaud à Perpignan, avec une exposition intitulée « Dufy, les ateliers de Perpignan ».

On va voir cette exposition parce qu’on aime Dufy, et on l’aime encore plus quand on en sort. Sans doute parce que l’histoire racontée est sympathique, et que l’homme Dufy s’y montre bonhomme et chaleureux. Mais cela ne suffirait pas, bien sûr. Ce qu’on admire d’abord, c’est la peinture légère et pleine de maîtrise de l’artiste. 

Légère… Comme on l’a reproché à Dufy ! C’était confondre légèreté avec facilité. La légèreté de Dufy, elle est dans le trait, elle est dans l’harmonie des couleurs, elle est dans l’expression du bonheur de vivre. Il faudrait y voir des défauts ? Et qui pourrait prétendre que la légèreté est sans profondeur et sans gravité ?

Pendant ces années perpignanaises, en dépit de son mal qui le handicape et l’obsède, en dépit des délicates premières années de cette période – l’Occupation – Dufy peint le bonheur. Le bonheur de partager une vie familiale et une amitié, le bonheur de peindre sous un ciel lumineux, celui de maîtriser son art. Il croque ses amis, les paysages roussillonnais – Céret, Collioure –, Pau Casals à son violoncelle, et ce qui donne son titre à l’exposition, les ateliers successifs dans lesquels il travaille à Perpignan. 

De ces ateliers, il compose une suite de variations, avec les mêmes éléments : une console baroque, une statue, un chevalet, un violon … Il varie la composition, les angles, les couleurs. Il jette un œil par la fenêtre et saisit l’animation de la place Arago. Tout cela est vif, virtuose et beau. Entrainé par Jean Lurçat, Dufy s’essaie à la tapisserie. Ses deux essais, « Collioure » (où l’on serait bien en peine de reconnaître le petit port catalan) et « Le Bel été », figurent dans l’exposition.  Avec la complicité d’Hubert Prolongeau, jeune céramiste qui vient d’arriver à Perpignan, il produit aussi, de 1943 à 1948, quelques céramiques. En somme, des années créatrices et chaleureuses. 

Ces années s’achèvent avec la décennie. Le traitement du Dr Nicolau, qui a longtemps soulagé Raoul Dufy, ne suffit plus. Les Etats-Unis commencent à expérimenter la cortisone. Le peintre s’embarque pour New-York, s’y fait soigner et, quand il rentrera en France, il cherchera le climat le plus sec possible, et s’installera en 1952 à Forcalquier où il mourra quelques mois plus tard, certains médecins liant son décès à l’usage balbutiant de la cortisone.  

 

 

Raoul Dufy, les ateliers de Perpignan 1940 – 1950

Jusqu’au 4 novembre 2018

 Musée Hyacinthe Rigaud Perpignan

 

Catalogue 200 pages Editions Somogy 25 €

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